DAUDET Alphonse (1840-1897). CARNET autographe…

Lot 429
8 000 - 10 000 €

DAUDET Alphonse (1840-1897). CARNET autographe…

DAUDET Alphonse (1840-1897).
CARNET autographe signé, Sapho, [1883] ; carnet in-8 de 184 pages (14 x 9,5 cm) ; reliure d’origine à dos de toile bleue ; étui de maroquin vert en forme de livre.

Précieux carnet, témoin de la genèse du roman Sapho.
Sapho, mœurs parisiennes, écrit en 1883, publié dans L’Écho de Paris, a paru en volume chez Charpentier en 1884. On sait que Daudet y a transposé sa propre jeunesse et sa longue et orageuse liaison avec Marie Rieu.
Le carnet porte l’étiquette de la Papeterie de l’Odéon, Chelu.
La première page montre les hésitations de Daudet pour trouver le titre de son « roman parisien » : Thaïs, Léda, Psyché, Salomé, Le faune, La faunesse sont envisagés ; mais on peut déjà lire la fameuse dédicace :
« Pour mes fils
quand ils auront vingt ans ».
Sur la même page, Daudet a noté cet envoi autographe :
« A mon cher Henry Céard
L’embryon de Sapho
Alph. Daudet ».
Ce terme d’embryon n’est pas mis là au hasard. C’est toute la gestation du roman qui revit dans ces pages, depuis les brèves notations jusqu’au début de la rédaction.
Manuscrit de premier jet, abondamment raturé et corrigé, le carnet se présente en effet comme une première version, un canevas très détaillé – et parfois déjà rédigé – des XV chapitres du roman, généralement sur la page de droite ; tandis que sur la page en regard, Daudet note des développements, des idées complémentaires, des phrases, des épisodes à ajouter, des répliques, etc. ; par exemple : « Lettres que Sapho lui écrit, elle parle du bien moral qu’il lui a fait. Meilleure, plus honnête. Lui au contraire pris son mal » (en marge du chap. VI) ; ou : « Cette demi-séparation avive le collage. piquant désir du dimanche. Quelquefois le soir il y va. Le petit salon. Whist. Musique. bonne façon de Fanny qui se tient bien, que ça amuse. Donne le ton à tout ce monde. Le péruvien : “une grande Coucoute”. – Il y va... étoiles au dessus de l’arc de triomphe, fait partie de l’éclairage Parisien » (en marge du chap. VII).
Les premières pages montrent les hésitations de Daudet quant au nom de son héros : Jean Jourdan, Gastier, Gosselin, et enfin Gaussin ; quant à son activité : élève à l’école des chartes ou élève-consul. De même, Sapho (chap. III) se nomme Marie Masson, le nom de Masson étant surchargé par celui de Legrand ; ce n’est que bien plus tard que le prénom de Marie (trop proche de la réalité) sera remplacé par celui de Fanny.
On relèvera sur la première garde des notes sur la famille de Jean Gosselin-Gaussin ; plus loin, des comptes sur les âges des principaux personnages ; des listes de noms ; des idées ou des esquisses de divers épisodes ; des répliques ; le brouillon de la lettre d’adieu de Fanny qui conclut le roman, etc. Notons que les derniers chapitres portent des titres qui seront ensuite abandonnés : XIV La rechûte, XV Le rendez-vous.
Provenance : anciennes collections Louis BARTHOU (ex-libris ; II, n° 1031) et Gérard de BERNY (ex-libris ; I, n° 95) ; Daniel SICKLES (I, 51).
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