DARIEN Georges (1862-1921). L.A.S. « Georges…

Lot 428
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DARIEN Georges (1862-1921). L.A.S. « Georges…

DARIEN Georges (1862-1921).
L.A.S. « Georges Darien », Londres 1er octobre 1897, à Pierre-Victor STOCK ; 4 pages petit in-4 (trace d’onglet).

Importante lettre à son éditeur, fixant les conditions de publication de son roman Le Voleur, qui sera adapté au cinéma par Louis Malle.
« Je n’ai jamais douté de vous, mais sans doute me suis-je trompé sur les gens qui ont accès auprès de vous […]. Le principal est que vous ne teniez aucun compte des opinions des autres sur moi. Je ne cherche ni à vous tromper, ni à essayer de vous passer de mauvaise copie pour de la bonne ; je ne demande qu’une chose : c’est que nous puissions faire des affaires […] Je n’éprouve aucun embarras […] à déclarer que Le Voleur est un livre remarquable ; je le pense et je n’ai pas de fausse modestie. Mais c’est surtout un livre remarquable quant à ses possibilités de vente. […] Voyez-vous comme j’ai placé, par-ci par-là, d’adroites amorces pour des romans subséquents ? »… Il pense avoir réuni dans ce livre tous les éléments du succès, ainsi que dans les suivants : « Ce sera de plus en plus fort. En deux ans, si je suis bien secondé, je puis certainement arriver à avoir la plus grosse vente de Paris et à réduire le succès des Zolas et des Daudets à des proportions infimes »… Darien compte sur son éditeur pour un « lancement habile » : « peut-être pourrai-je vous indiquer de quelle façon on procède ici et en Amérique. Il y a bien des choses en prendre là, je crois »… Quant aux conditions de publication, il n’y a selon lui rien à débattre car celles qui étaient stipulées dans le contrat signé pour Biribi devaient être applicables au prochain roman : « Je vous ai envoyé mon manuscrit sur la foi de ce contrat et nous nous y tiendrons, je le préfère. […] Du reste, je n’aurais pas accepté de conditions inférieures à celles qui y figurent ». Seule reste à déterminer la question de la date de parution, qu’il souhaite immédiate, ne pouvant imaginer que le succès d’un livre publié en automne soit amoindri « par les déballages du jour de l’an ». Selon lui, ce n’est pas la critique qui fait vendre un livre, mais les chroniqueurs et surtout la publicité orale, qui « ne s’arrêtera pas devant les étalages de fin décembre »… Son manuscrit sera fin prêt le 25 octobre au plus tard, et il renonce à la correction si elle doit représenter une trop grosse perte de temps : « Les libraires ne renverront pas le livre s’il se vend bien, et il se vendra bien, j’en suis sûr. – Je ne puis pas, absolument pas, remettre la publication à février, c’est pour moi une question vitale. […] Cette publication est une condition sine qua non de la réussite de projets que je suis sur le point de réaliser ». Il ne peut lui donner davantage de détails. Il le prie de croire qu’il ne met là aucune mauvaise volonté et que les désagréments éventuellement causés par cette parution précoce seront compensés par la publication de son prochain roman dès avril. Par ailleurs le contrat signé engageait l’éditeur à faire paraître le livre dans les trois mois suivant la remise du manuscrit… Il termine en listant à nouveau les trois points principaux de sa lettre et lui annonce d’ores et déjà un projet d’adaptation « dramatique » du Voleur…
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