FEYDEAU Ernest (1821-1873). MANUSCRIT autographe,…

Lot 438
5 000 - 7 000 €

FEYDEAU Ernest (1821-1873). MANUSCRIT autographe,…

FEYDEAU Ernest (1821-1873).
MANUSCRIT autographe, [La Comtesse de Chalis, ou les Mœurs du jour], 1867 ; 160 pages in-fol montées sur onglets, reliure de l’époque maroquin janséniste rouge, dos à 6 nerfs, dentelle intérieure (Belz-Niédrée ; reliure un peu frottée).

Manuscrit de travail complet de ce roman.
Ce roman à grand succès fut donné en prime, en novembre 1867, par le journal La Liberté, puis publié en décembre en librairie par Michel Lévy frères. Le 13 décembre, Flaubert félicite ainsi Feydeau : « Je suis enchanté. […] C’est leste et bien fait et amusant et vrai. Par ci par là des mots exquis. La comtesse de Châlis m’excite démesurément, moi qui ai comme elle “la plus inconcevable des dépravations”. Ce qui me plaît là-dedans, c’est le sentiment de la Modernité ». Et le 15 décembre, il écrit à son ami Duplan : « l’artiste Feydeau a un vrai succès avec La Comtesse de Châlis ».
De l’aveu de l’auteur, La Comtesse de Châlis fit « un bruit du diable ainsi que de beaucoup d’autres choses », car on croyait y reconnaître beaucoup de personnages de la haute société contemporaine. Ce récit à la première personne raconte l’aventure de Charles Kérouan, fils d’une excellente famille, qui devient professeur d’histoire. Il rencontre la comtesse de Châlis avec son amant le prince Titiane. La comtesse le charge de récupérer des lettres compromettantes et son portrait ; après le départ du prince, Charles devient l’amant de la comtesse. Puis il quitte l’enseignement, perd au jeu, sombre dans la misère. Le comte de Châlis le retrouve et l’engage comme précepteur de ses enfants, mais le charge aussi d’espionner sa femme. Charles surprend une scène sado-masochiste où la comtesse se fait battre par Titiane. Il provoque en duel Titiane, qui le blesse ; il quitte alors Paris et se réfugie chez son père. Il apprendra que plus tard que le comte de Châlis, excédé de la conduite scandaleuse de sa femme, la surprit au lit se livrant à la débauche entre Florence et Titiane, étrangla Titiane, et fit interner la comtesse dans la maison de santé du Docteur Blanche. Avant de mourir, le comte écrit à Charles en le chargeant, pour expier son adultère, de raconter sans en rien atténuer la triste histoire dont il fut le témoin.
Le manuscrit, daté à la fin « Trouville 15 octobre 1867 », est écrit sur de grandes feuilles de papier réglé à l’encre brune ou bleue. Il est complet, bien que paginé de 2 à 160. Il est surchargé de ratures et corrections, avec des passages biffés, de nombreuses additions dans les marges, et d’importantes nouvelles rédactions collées sur la version primitive.
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