MASSENET Jules (1842-1912). L.A.S. « Jules »,…

Lot 1175
1 200 - 1 500 €

MASSENET Jules (1842-1912). L.A.S. « Jules »,…

MASSENET Jules (1842-1912).
L.A.S. « Jules », Paris 2 octobre 1870, à SA FEMME, à Houlgate (Calvados) ; 2 pages in-8 sur papier fin remplies d’une petite écriture serrée, adresse avec mention « (par Ballon monté) », timbre et cachets postaux.

Belle et longue lettre du début du siège de Paris, envoyée à sa femme par ballon monté (ballon Godefroy Cavaignac ou Jean-Bart n°1).
Il décrit leur appartement, où tout est emballé, comme le matin du départ de sa chère Ninon. « L’antichambre est l’arsenal !... Là, sont entassées mille machines de guerre. Des fusils, des revolvers, des cartouches, des bayonnettes… tout un matériel très belliqueux !! »… Au salon, ses réserves de campement : couverture, caoutchouc, casseroles… On prétend que « les ballons qui partent quelquefois de Paris se chargent de lettres… […] la singulière existence !! – & quand finira-t-elle ?... Quand ?... – Voilà déjà plusieurs combats autour de Paris cerné, sans grand résultat. – Le canon s’entend peu, tant cette ville est immense… On apprend que l’on s’est battu à tel endroit & si l’on se dirige du côté indiqué on assiste à des retours de troupes éclopées… des voitures de blessés… & partout une agitation bien anxieuse. – Dans nos quartiers encore tranquilles (au-dessus de tout ce que nous pensions) la vie matérielle est la même »… La soirée la veille avec des amis fut gaie : « Ô le Français !... Heureux caractère – riant de tout même au milieu de ce désastre dont il ne peut prévoir la fin & les conséquences. – Nous sommes rationnés pour la viande – mais on en a – le pain est excellent… Nous avons même des légumes frais !!... Paris est une ville de ressources – on ne se douterait pas de la situation !! – La phisionomie des boulevards est toujours la même à peu de chose près. – La chèreté de quelques ingrédiens avertit de ce qui se passe & fait songer le Parisien qui me paraît devenir d’heure en heure un excellent soldat. […] Moi-même je suis toujours d’un caractère léger »… Mais il confesse la nostalgie de leurs derniers jours en famille : « je ne me suis pas du tout trouvé bête en pleurant – pauvre amie, les mauvais jours de l’avenir si nous sommes jamais réunis, seront les bons après de tels moments »… Il s’est livré à sa tristesse, mais il se reprend : « je ne me permettrais pas de vous regretter, ce serait une offense à la cause patriotique !... Que la vie m’est lourde & pénible & quand pourrais-je respirer ? »… Il recommande : « écrivez donc (sur du papier fin) on prétend que des courriers secrets parviennent à traverser les lignes prussiennes – je n’y crois pas mais enfin tentez la chose ». Il termine tendrement : « Un baiser à toi, chère femme aimée, un baiser à ma petite Juliette… […] Je t’embrasse tendrement Jules ».
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