GRANDES HEURES DE GALEAZZO MARIA SFORZA LIVRE…

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GRANDES HEURES DE GALEAZZO MARIA SFORZA LIVRE…

GRANDES HEURES DE GALEAZZO MARIA SFORZA LIVRE D'HEURES, À L'USAGE DE ROME En latin et en italien, manuscrit enluminé sur parchemin
Italie, Milan, vers 1471-1476
Avec 6 initiales historiées attribuables au Maître d'Ippolita
Sforza (actif à Milan, vers 1450-1475).
00 000 / 242 ff., complet (collation: I + i-xii8 xxiii10 xxiv-xxix8 xxx7 (de 8, sans le dernier feuillet du cahier, sans manque apparent)), écriture humanistique à l'encre brune (texte luxueusement espacé), texte sur une colonne, jusque 30 lignes par page (justification: 135 x 218 mm), réclames en fin de cahiers, réglure à la mine de plomb, rubriques en rouge pâle, têtes de section en capitales à l'or bruni, petites initiales peintes en bleu ou l'or bruni avec décor filigrané rouge ou bleu foncé, initiales à 2 lignes de hauteur à l'or bruni sur fonds rose foncé, vert et bleu rehaussé de blanc, nombreuses grandes initiales peintes de couleurs rehaussées de motifs floraux sur fonds d'or bruni, trois initiales (ff. 61, 70v, 73v) avec des têtes antiques de profil, 6 initiales historiées, grandes divisions liturgiques introduites par des encadrements sur 3 ou 4 côtés enluminés avec armoiries, emblèmes, décor historié et ornemental, initiale historiée fol. 137v (oxidation des surfaces argentées, quelques feuillets salis, sans gravité, manque de peinture au visage de la Vierge).
Reliure du XVIIIe siècle, plein maroquin rouge, plats ornés d'un triple filet doré en encadrement, dos à 6 nerfs, filet doré sur les nerfs, caissons encadrés d'un double filet doré et orné de fleurons, tranches dorées, signets de soie rouge. Boîte de conservation de plein maroquin bleu (bifeuillet central du dernier cahier détaché de la couture, mors fragiles, épidermures à la reliure) Dimensions: 350 x 240 mm.
Somptueux manuscrit offrant un bel exemple du mécénat de Galeazzo
Maria Sforza. Ces Heures sont d'un très grand format, tout à fait inhabituel pour un livre d'heures, suggérant qu'il pouvait s'agir d'un manuscrit utilisé sur un lutrin dans une chapelle privée princière.
provenance 1. Manuscrit copié et enluminé pour Galeazzo Maria Sforza (1444- 1476), comte de Pavie et duc de Milan de 1466 à 1476 à la mort de son père Francesco Sforza. On retrouve dans les bordures enluminées ses emblèmes (lion couché sur des flammes, la tête couverte d'un heaume tenant un bâton noueux d'où pendent deux seaux et la devise allemande «Ich Hof»; la colombe dans le soleil et la devise «A bon droit»), les armoiries écartelées ducales de Milan et monogrammes
GZ MA ou GM, les armoiries du comté de Pavie parties avec la guivre. Ces éléments de personnalisation se trouvent peints dans cinq feuillets enluminés (ff. 2, 46, 90, 137v, 188). On notera aussi fol.
237v la rubrique suivante: «[...] da hodie et in ommi tempore mihi famulo tuo Galeaç Marie gratiam tuam...».
Galeazzo Maria Sforza fut duc de Milan de 1466 à 1476, date de son assassinat: le manuscrit fut donc réalisé pendant cette décennie. On peut réduire un peu plus la période de réalisation du manuscrit car on cite au fol. 220v le pape Sixte IV, élu en 1471.
Ce manuscrit est décrit par E. Pellegrin, Supplément (1969), pp. 56-57 et pl. 172: «Oxford, Collection du Viscount Astor of Cliveden A. 6».
Il est inclus parmi les livres décrits dans l'inventaire de 1469. Sur la bibliothèque de Galeazzo Maria Sforza, on consultera E. Pellegrin, La bibliothèque des Visconti et des Sforza, ducs de Milan au XVe siècle, 1955, pp. 61-64: «On a perdu la trace d'un Office de la Vierge orné de ses armes que d'Adda vit peu avant 1885 chez Hamburger, antiquaire de Francfort» (p. 61); et Supplément (1969), pp. 3-46; on consultera aussi
Albertini Ottolenghi, La biblioteca dei Visconti e degli Sforza: gli inventari del 1488 e del 1490 (1991). Galeazzo Maria fut un très généreux mécène et un bibliophile de haut vol, possédant l'une des prestigieuses bibliothèques de l'époque, fondée par les Visconti au château de Pavie. Il avait reçu une bonne formation classique, et son père Francesco
Sforza avait fait copier pour lui les classiques latins tels Cicéron, Sénèque, Térence et les historiens romains (manuscrits conservés à la BnF, aux armes de Galeazzo Maria Sforza et dans d'autres bibliothèques et musées; voir Pellegrin (1955 et 1969)).
Galeazzo Maria Sforza, né à Fermo (Marches) le 24 janvier 1444 et mort à Milan le 26 décembre 1476, fut d'abord comte de Pavie puis duc de Milan. Il était le fils de François
Sforza (mort en 1466), allié de Cosme de Médicis, et de Blanche Marie Visconti. Il se maria d'abord avec la fille de Louis III de Mantoue, Dorothée de Gonzague (1449-1467) qui décéda l'année suivante, le 24 avril 1467, à Pavie. Il se remaria, en 1468, avec Bonne de Savoie (1449-1485), fille de Louis Ier, duc de Savoie, et d'Anne de Lusignan. Ayant assuré un gouvernement en demi-teinte, marqué par ses goûts artistiques et son caractère cruel, tyrannique et lubrique, Galeazzo fut assassiné le 26 décembre 1476 dans l'église
Saint-Étienne (Santo Stefano) de Milan.
2. Adolf Hamburger, marchand d'art de Francfort, d'après le Marquis d'Adda; voir
G. d'Adda et G. Mongeri, «L'arte del minio nel ducato di Milano», in Archivio Storico
Lombardo, xii, 1885, p. 354.
3. Rushton M. Dorman, collectionneur (Chicago), sa vente, Sale of the Collection of
M. Dorman of Chicago by George A. Leavitt and Co., 5 avril 1886, p. 10. Selon Dorman, le manuscrit était passé dans la Bibliothèque royale de Naples, où il fut acquis par le cardinal
Salviati, neveu du pape Léon X, pour revenir ensuite à son héritier le marquis de Tocca, de Naples. Une pièce de papier collée au bas du dos porte le numéro XX, et il reste des traces d'étiquettes bleue et blanche en pied du plat inférieur et sur le contreplat supérieur.
4. William Waldorf Astor (1848-1919), «First
Viscount Astor», auteur de la romance gothique Sforza: A Story of Milan. Dans la bibliothèque Astor, le manuscript était coté «Ms. A. 6» (voir vignette de papier). Manuscrit en dépôt à Oxford, Bodleain Library, puis vente Astor, Londres, Sotheby's, 21 juin 1988, lot. 58.
5. Collection Arcana, vente Christie's, Londres, The Arcana Collection: Exceptional
Illuminated Manuscripts, Part III, 6
July 2011, lot 18.
texte ff. 2-178, Heures de la Vierge, à l'usage de Rome, organisées selon les grandes fêtes liturgiques et les jours de la semaine; ff. 180-186, Psaumes de la pénitence et litanies; ff. 188-235, Matines et laudes pour l'office de la semaine sainte avec des instructions liturgiques pour l'officiant; suivies des messes pour le vendredi saint et pour dimanche de Pâques; ff. 236-242v, Confession générale et prières.
Ce livre d'Heures est un monument à la gloire du duc de Milan. Il est d'une taille exceptionnelle, presque aussi grand que les Grandes Heures du Duc de Berry (chaque bi-folio réclama une peau de chèvre entière). Les emblèmes du prince ont dans ce manuscrit une place presque égale à celle des sujets religieux dans les lettrines: le feuillet 2 porte en bas ses armes écartelées surmontées de la couronne aux deux rameaux et encadrées par ses initiales GZ MA, la bordure est ornée à gauche des armes du comté de Pavie parties avec la guivre, en haut la colombe dans le soleil et la devise «a buon droyt», et à droite l'emblème préféré de Galéas Maria: le lion casqué tenant le bâton aux deux seaux avec la devise «Ich Hof».
illustration
Ce manuscrit contient 6 initiales historiées, par le Maître d'Ippolita
Sforza: f. 2, Initiale historiée D, Annonciation; f. 46, Initiale historiée D, Vierge à l'Enfant dans un enclos (Nativité, sans Joseph); f. 90, Initiale historiée D, Annonciation; f. 137v, Initiale historiée D, Vierge à l'Enfant sur un trône; f. 180, Initiale historiée D, Roi David couronné; f. 188, Initiale historiée D, Roi David ou représentation du commanditaire (?), avec une croix sur son surplis rouge.
Les initiales historiées sont de la main d'un artiste milanais très subtil, baptisé Maître d'Ippolita Sforza, actif en Lombardie vers 1450 à 1475 (voir Pellegrin, Supplément: «Son surnom «Maestro d'Ippolita» lui vient du beau ms. Valence Bibl. univ. 780. C'est un continuateur du «Maître des Vitae imperatorum», comme lui il s'inspire de l'enluminure franco-flamande; il subit aussi l'influence de Belbello»). Ce
Maître est ainsi nommé en raison des manuscrits qu'il enlumine pour la soeur de Galeazzo Maria, Ippolita Sforza, notamment à l'occasion de son mariage avec Alfonso d'Aragon, duc de Calabre, en (voir G. Toscano, «Livres et lectures de deux princesses de la cour d'Aragon de Naples», in Livres et lectures de femmes en Europe..., ed.
A-M. Légaré et B. Schnerb, 2007, pp. 298-310). Cet artiste enlumine un manuscrit de Virgile (Valence, Biblioteca Universitaria 780) et d'autres manuscrits destinés à la famille du duc de Milan, notamment à Galeazzo Maria Sforza (Paris, BnF, lat. 7703 et BnF, lat. 7779). Sur le Maître d'Ippolita Sforza, voir Toscano (Gennaro), «In margine al
Maestro delle Vitae imperatorum e al Maestro di Ippolita: codici lombardi nelle collezioni aragonesi», in Storia della miniatura, 1-2, 1996-1997, pp. 169-176; Zanichelli (2004); plus récemment voir Marco
Rossi, «La bibliothèque des Visconti et des Sforza et la miniature lombarde entre le XIVe et le XVe siècle», in Bulletin du bibliophile, n°1, (2017), pp. 17-31.
bibliographie
De la Mare, Albinia, «Script and Manuscripts in Milan under the Sforzas», in Milano nell'età di Ludovico il Moro, Atti del convegno internazionale, 1983, pp. 399-408.
Pellegrin, E. La bibliothèque des Visconti et des Sforza ducs de Milan au XVe siècle, Paris, 1955.
Pellegrin, E. La bibliothèque des Visconti et des Sforza, ducs de Milan...Supplément publié par les soins de Tammaro De Marinis, Florence et Paris, 1969.
Zanichelli, G. “Maestro d'Ippolita Sforza”, in
Dizionario biografico dei miniatori italiani, ed. M. Bollati, 2004, pp. 686-690
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