BERLIOZ HECTOR (1803-1869)

Lot 1312
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BERLIOZ HECTOR (1803-1869)

L.A.S., [Paris] «Mardi 5 [9] Décembre 1862», à son oncle Félix MARMION; 4 pages in-8.
Belle lettre à son oncle, parlant de son fils Louis, de ses opéras Les Troyens et Béatrice et Bénédict, de son livre À travers chants, et de Salammbô de Flaubert.
Il a réussi à replacer son fils Louis comme «1er Lieutenant à bord d'un vaisseau de la Compagnie Transatlantique» de Péreire: «Mon ami Legouvé et M. Rodrigues se sont encore montrés là ce qu'ils sont toujours, bons et serviables, et c'est par eux que la chose a été obtenue. Louis est en ce moment à St Nazaire, d'où il partira dans 8 jours pour la Vera Cruz. À son retour à la maison je ne lui ai parlé de rien, je n'ai pas dit un mot sur son escapade; il s'est borné à faire des excuses à ma belle-mère qui avait eu, en mon absence, à supporter sa scène de violence. Je crois qu'il vaut mieux que vous imitiez mon silence. Sa nouvelle position lui paraît superbe, il est très content». Il annonce la mort, l'avant-veille, de son cousin Robert, après celle quelques mois plus tôt de ses oncle et tante Victor Berlioz. «Pour moi, au contraire, je me guéris peu à peu de ma névralgie, les douleurs du matin ne sont plus si longues ni si fortes». Il n'est pas allé aux réceptions de Compiègne «par économie, l'hospitalité impériale coûte trop cher».
Quant à ses opéras, «rien de nouveau; l'Opéra s'obstine à ne produire aucun nouvel ouvrage d'importance, aussi par économie, et l'exécution devient de plus en plus déplo­rable. Le Théâtre Lyrique qui avait la pré­tention de monter Les Troyens et qui s'est ensuite rabattu sur Béatrice, ne peut rien faire et se trouve aussi incapable d'exécuter mon grand ouvrage que mon petit. Il n'y faut pas penser; la musique à Paris est dans un effroyable état».
Il envoie à son oncle son «livre À travers champs [sic pour chants]. Il a un grand succès, on le traduit en allemand, et les journaux anglais et américains sont remplis d'extraits de sa partie sérieuse, les journaux français, au contraire, ne citent que les mots et les histoires comiques»...
Il ajoute en post-scriptum: «Avez-vous lu Salammbô, un livre terrible et grandiose qui vient de paraître? C'est de M. G. FLAU­BERT l'auteur de Mme Bovary. Cet ouvrage vous intéressera et comme lettré et comme militaire, c'est l'histoire de la guerre des Mercenaires contre Carthage. C'est écrit en style biblique et d'une science archéologique effrayante»... provenance ancienne collection Reboul. Correspon­dance, t. VI, p. 376 (n° 2677).
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