Lot 780
150 000 - 200 000 EUR

RÉVOLUTION FRANÇAISE.


Les Hommes de la Révolution, peints d’après nature, par COSTE D’ARNOBAT. (Paris, 21 janvier 1830). In-12 de [2ff- ]127 p. monté dans des feuilles de vergé in-fol. interfoliées de documents, autographes et dessins ; fort volume in-fol. relié maroquin rouge, filets à froid sur les plats et sur le dos, coq gaulois doré en queue ; doublures de maroquin rouge avec encadrement doré de filets dorés aux emblèmes révolutionnaires, guirlande mosaïquée de maroquin vert, gardes de soie verte, contregardes de papier peigné, tranches dorées (Chambolle-Duru). 

Extraordinaire recueil de très précieux autographes des principaux personnages de l’histoire de la Révolution, illustré de dessins originaux. Pierre-Nicolas COSTE D’ARNOBAT (Bayonne 1731-Paris 1808), ancien gendarme de la maison de Louis XV, devenu littérateur et journaliste, a publié à la fin d’août 1793 une rare brochure : Anecdotes curieuses et peu connues sur différens personnages qui ont joué un rôle dans la Révolution ; la réédition de 1830, à tirage restreint et sous un nouveau titre, porte au faux-titre : « Pièces historiques rares ou inédites, pour servir à l’instruction du temps présent », et en titre courant : « Notes sur les hommes de la Révolution ». Cette édition est ici présentée avec un grand luxe, remontée en grand format, et illustrée de documents originaux, de dessins et d’autographes du plus grand intérêt, qui offrent un extraordinaire panorama de la Révolution française. Les documents sont présentés par des serpentes imprimées.
35 DESSINS originaux ou aquarelles : • Claude-Louis DESRAIS, encre et lavis de sépia (21,5 x 16 cm) : le Tiers-État présentant à la France les Droits de l’Homme. • Augustin de SAINT-AUBIN, portrait de NECKER (d’après Duplessis), dessin à la mine de plomb (17 x 10,8 cm). • Théophile FRAGONARD, L’Exécuteur SAMSON, aquarelle signée (18 x 11,5 cm). • Félix PHILIPPOTEAUX, 5 aquarelles (environ 15,5 x 10,5 cm chaque) : la Patrie en danger et l’engagement des volontaires ; Mirabeau à la tribune ; les noyades de Nantes ; le peintre David ; Hoche. • Auguste RAFFET, 27 dessins au crayon noir, plusieurs rehaussés de lavis, vigoureux dessins préparatoires pour l’Histoire des Girondins de Lamartine, la plupart annotés par lui avec cachet de la Vente Raffet 1911 (formats divers) : Marie-Antoinette, Mlle Maillard en déesse de la Raison (2, dont un aquarellé), Santerre, Petion, Vergniaud, Guadet, Roland, Mme Roland, Danton, Camille Desmoulins, Marat, Charlotte Corday, Fouquier-Tinville, Carrier, Couthon, Théroigne de Méricourt, Saint-Just (2), Robespierre, Billaud-Varenne, Collot d’Herbois, Tallien, Ange Pitou, Carnot, Dumouriez, Lafayette (aquarelle), Bonaparte (2). 28 gravures, la plupart d’époque, portraits et scènes diverses, illustrent en outre ce volume au fil des pages. 65 précieux autographes et documents originaux. La plupart des autographes présentés ici étant fort rares, voire rarissimes, nous ne l’avons pas répété. Certains sont de très précieux documents historiques. • MARIE-ANTOINETTE. Enveloppe autographe « A Madame la comtesse du Roure », avec cachet de cire rouge aux armes, qui contenait la relique suivante :
LOUIS XVI. Note autographe sur un papier plié « cheveux du dauphin », accompagnée de la mèche de cheveux de Louis XVII. • LOUIS XVII. Page autographe (in-4), rarissime devoir d’écriture avec les mots « Louis Charles » cinq fois répétés, provenant de son maître d’écriture Jourdan-Dumesnil. • MADAME ÉLISABETH. Lettre autographe au baron de Breteuil, le priant de faire nommer Mme de Causans à la place de sa belle-mère qui est morte... (1 page in-12). • MARIE-THÉRÈSE CHARLOTTE de France, MADAME ROYALE. – Devoir d’écriture autographe signé « Marie Therese Charlotte fecit anno 1786 » (2 p. in-4). – L.a.s. au vicomte de Chateaubriand, Goritz 10 avril 1842, le remerciant des services que ses « talents ont rendu aux Lettres, à la Religion et à la Monarchie » (1 p. in-8, adr.). • Marie-Thérèse-Louise de Savoie-Carignan, Princesse de LAMBALLE. – L.a.s. à Louis XVI, Versailles 1er janvier 1784, pour ses vœux (1 p. in-fol.). – Procès-verbal par la Section des Quinze-Vingts de l’inhumation de « la tête de la cidevant psse de Lamballe » au cimetière des Enfans trouvés, 3 septembre 1792 (1 page in-4, cachet encre du District). • Jean-Baptiste CLÉRY. P.a.s. déclarant que son seul revenu depuis dix ans a été « une place de valet de chambre auprès du fils de Louis Capet », Juvisy sur Orge 9 frimaire II (demi-page in-4). • Honoré-Gabriel de MIRABEAU. – L.a.s., 25 novembre 1790, en faveur de Volney (1 p. in-4). – Procès-verbal de sortie du Donjon de Vincennes, signé par lui, 13 décembre 1780 ; au verso, procès-verbal de l’entrée du marquis de SADE au Donjon de Vincennes, signé par lui, 13 février 1777 (in-fol., salissures). • Jacques NECKER. L.a.s. parlant de sa fille Mme de Staël (1 p. ½ in-4). • Chrétien-Guillaume Lamoignon de MALESHERBES. L.a.s. au chirurgien Jacques Tenon (1 p. in-4). • Raymond de SÈZE. L.a.s. à propos d’un jeune magistrat (3 p. in-8). • Antoine-Joseph SANTERRE. L.s. à Pache (avec apostille a.s. de Pache), 4 janvier an II (1 p. in-4).
Le bourreau Henri SANSON. L.a.s., 4 avril 1819 (1 p. in-4, adr.), au sujet du remplacement de son confrère de Versailles pendant un congé, sans nuire à son service de Paris. • Bernard-René de LAUNEY, gouverneur de la Bastille. L.a.s., 27 août 1785, à propos de la détention du cardinal de Rohan et de ses entrevues avec son avocat Target (1 p. in-fol.). • Claude-Joseph ROUGET DE LISLE. 2 poèmes autographes, Napoléon et Le Serment (2 p. in-4). • Jean-Sylvain BAILLY. L.s., Paris 11 août 1790, à un soldat contre la passion du jeu (1 p. in-4). • Jérôme PETION. Manuscrit a.s., « Guillotine article absolument neuf adressé aux nouveaux éditeurs de l’encyclopédie », [1793], vigoureuse et grinçante protestation contre la Terreur (3 p. in-4). • Antoine BARNAVE. Manuscrit autographe sur la transformation des mœurs (1 p. in-fol.) ; et l.a.s., Grenoble 23 mars 1791, en faveur d’un militaire (2 p. in-4). • Pierre-Victurnien VERGNIAUD. L.s., Paris 24 juin 1793, à un Citoyen Président, protestant énergiquement contre son arrestation, il veut savoir de quoi il est accusé afin de pouvoir se défendre et confondre ses calomniateurs (3 p. in-fol.). • Jean-Marie ROLAND. L.s. comme ministre de l’Intérieur, 8 janvier 1793, au citoyen Servières, au sujet du Bureau de consultation des Arts et Métiers (1 p. in-4). • Madame ROLAND. Fragment autographe de son Journal en Suisse (4 p. in-8), sur la vie sociale à Berne et en Suisse. • Georges-Jacques DANTON. L.a.s., Liège 17 décembre 1792, à sa chère Gabrielle, sur l’envoi d’arbres à Arcis et l’arrangement de sa maison à Sèvres, puis parlant de son fils, des calomnies de Rivarol et de ses luttes : « tu scais combien ma vie entiere et les combats que j’ai livrés contre les principaux enemis de la liberté me mettent à portée de confondre tous les malveillants » (3 p. in-4). • Comtesse de SOMBREUIL. L.a.s. à M. Saint-Maurice, en faveur de son fils (1816, 1 p. in-4, adr.). • Camille DESMOULINS. L.a.s., Paris 22 juillet 1783, jolie lettre d’amour à une demoiselle avec 5 vers, évoquant sa timidité et son trouble : « aupres de vous, on devroit se croire assis sur des roses, et moi je ne sentois que des epines »... (1 p. ½ in-4). • Lucile DESMOULINS. Manuscrit autographe, 16 juillet 1788, évocation d’une soirée triste et de songes délicieux (1 page ½ in-8). • Jean-Baptiste DROÜET. L.s. au Comité de Salut public, 24 mai 1793, prenant la défense des citoyens Winter qui ont signé un marché pour la fourniture de chevaux, et dénonçant celui passé avec D’Espagnac (3 p. ½ in-fol.). • Philippe FABRE D’ÉGLANTINE. L.a.s., Paris 1er mai 1780, au sujet de sa tragédie Agathocle (1 p. in-4). • Jean-Paul MARAT. – L.a.s., Paris 26 septembre 1783, [à M. de Saint-Laurent], à propos de son prochain établissement en Espagne pour mener à bien ses travaux scientifiques (achat d’instruments, enrôlement d’ouvriers), son espoir de rendre la vue « au moyen de l’électricité » à Romé de l’Isle, etc. (4 p. in-4). – Manuscrit autographe d’un pamphlet, Lettre de l’ami du Peuple a l’auteur des Revolutions de France et de Brabant (7 pages in-4 avec ratures et corrections, la fin manque), adressé donc à Camille Desmoulins, sur la Constitution, avec la fameuse Supplique aux Pères conscrits, ou très sérieuses réclamations de ceux qui n’ont rien, contre ceux qui ont tout, où Marat se fait le défenseur des pauvres (juin 1790 ; Camille Desmoulins refusera d’insérer ce texte que Marat publiera dans L’Ami du Peuple du 30 juin). – 2 feuillets (4 p. in-8) d’épreuves corrigées pour L’Ami du Peuple. – Note autographe (6 lignes) sur Saint Louis, et signature découpée.
Charlotte CORDAY. – Manuscrit autographe de la célèbre Adresse aux français, amis des lois et de la paix, trouvée sur elle lors de son arrestation après l’assassinat de Marat (3 pages in-4). « Jusqu’a quand ô malheureux français vous plairez vous dans le trouble et les divisions [...] Déja le plus vil des scélerats Marat dont le nom seul présente l’image de tous les crimes en tombant sous le fer vangeur ebranle la montagne et fait palir Danton Robespierre et autres brigands assis sur le thrône sanglant [...] Ô ma patrie tes infortunes dechirent mon cœur, je ne puis t’offrir que ma vie [...] Français je vous ai montré le chemin, vous connaissés vos ennemis, levés vous, marchés et frappés ». [Cette pièce, ainsi que tout le dossier Charlotte Corday, provient de la collection Morrison.] – Procès-verbal de l’assassinat de Marat, de l’arrestation de Charlotte Corday et de son interrogatoire, signé 10 fois par elle (11 pages in-4), 13 juillet 1793, dressé par Guellard, commissaire de police de la Section du Théâtre Français. Il relate son arrivée sur les lieux, la découverte du cadavre de Marat gisant dans sa baignoire, son examen par le chirurgien Pelletan (qui a signé), puis l’interrogatoire de Charlotte Corday, expliquant les raisons de cet assassinat, les circonstances de l’achat du couteau et de l’assassinat, qu’elle a exécuté de son propre chef et sans complice ; en la fouillant, on trouve, outre divers objets, « une diatribe en forme d’adresse aux français »... Ont signé, outre le commissaire et Charlotte Corday, Marino et Louvet, administrateurs au département de police à la Mairie, et les membres du Comité de Sûreté générale François Chabot, Droüet, Legendre et Maure. On joint 3 documents du Département de Police de la Commune de Paris concernant ce procès-verbal (14 juillet 1793). – L.a.s. au Comité de Sûreté générale, 15 juillet 1793 (1 p. ½ in-4, adr.), demandant l’autorisation de se faire peindre : « je voudrais laisser cette marque de mon souvenir a mes amis, dailleurs
comme on cherit limage des bons citoyens, la curiosité fait quelques fois rechercher ceux des grands criminels, ce qui sert a perpetuer l’horreur de leurs crimes ». Elle demande donc qu’on lui envoie « un peintre en mignature », et réclame qu’on la laisse dormir seule. Elle criera dans la rue pour protester contre l’arrestation de Fauchet qui n’est certes pas son complice : « je lui ai toujours cru une imagination exaltée et nulle fermeté de caractere, cest lhomme du monde a qui jaurais le moins volontiers confié un projet »... • Antoine-Quentin FOUQUIER-TINVILLE. L.a.s. comme accusateur public du Tribunal extraordinaire révolutionnaire, au Comité de Sûreté générale, Paris 21 juillet 1793 (1 p. in-4), au sujet de l’interrogatoire de Charlotte Corday et des lettres saisies sur elle qui courent les rues de façon tronquée et qu’il suggère de laisser imprimer intégralement. Il vient d’être informé « que cet assassin femelle étoit l’amie de Belzunce colonel tué à Croy dans une insurrection et que depuis cette epoque elle a conçu une haine implacable contre Marat et que cette haine paroit s’être ranimée chez elle au moment où Marat a denonçé Biron qui étoit parent de Belzunce, et que Barbaroux paroit avoir profité des dispositions criminelles où étoit cette fille contre Marat pour l’amener à exécuter cet horrible assassinat »... • Jean-Baptiste CARRIER. P.a.s., Nantes 4 frimaire II (1 p. ½ in-fol. avec vignette, cachet cire), réquisition de voitures, fourrages et subsistances pour la Vendée. • Georges COUTHON. L.a.s., Strasbourg 4 avril 1793, à ses collègues Romme, Maigret, Soubrany, Gibergues et Artaud (3 p. in-4). Très intéressante lettre sur sa mission en Alsace, la conduite suspecte de Dumouriez, la position des armées, etc.
• Anne-Josèphe THÉROIGNE DE MÉRICOURT. L.a.s., Vienne 13 octobre 1791, au banquier Perregaux (3 p. in-4, adr.), se réjouissant de l’adoption de la Constitution et louant la conduite de l’Assemblée : « La Revolution francoise est donc consolidée ». Elle attend sa liberté de l’Empereur d’Autriche qui n’est pas ennemi de la Révolution... • François HANRIOT. L.s. à Sijas, 26 juin 1793 (1 p. in-4), au sujet des forces de gendarmerie. • Joseph LEBON. L.a.s., Calais 20 brumaire II, au Comité de Salut public, sur l’arrestation à Arras du soldat royaliste Badouville (1 p. in-4, adr.). • Général Charles SAINT-FIEF. L.s. à Hassenfratz, 15 mars an II, sur les manufactures de fusils (2 p. in-4). • Maximilien ROBESPIERRE. L.a.s., Paris 15 février an II (1 p. in-4), à Danton, l’assurant de sa vive et tendre amitié : « Je t’aime plus que jamais et jusqu’à la mort. [...] Pleurons ensemble nos amis ; et fesons bientot ressentir les effets de notre douleur profonde aux tirans qui sont les auteurs de nos malheurs publics et de nos malheurs privés »... • Charles-André MERDA dit Méda. L.a.s. au général Moreau, Stuttgard 15 pluviose IX, rappelant les services qu’il a rendus à la patrie (1 p. in-fol..). • Louis DAVID. P.a.s., Bruxelles 24 juin 1816 (1 p. in-8), engagement du domestique Fageot. • Antoine SIMON, gardien de Louis XVII au Temple. P.s., 17 septembre 1792, reçu de matelas, traversins et couvertures (1 p. obl. in-8). Plus une pétition de sa veuve Marie-Jeanne Aladame pour entrer à l’hospice des Incurables en raison des infirmités dues à son séjour au Temple « pour la garde du petit Capet, à elle confiée par la Convention nationale » (1 p. ½ in-fol.). • Jacques-Nicolas BILLAUD-VARENNE. L.a.s., 29 janvier 1788, sur son opéra Alzire (1 p. in-4). • Jean-Marie COLLOT D’HERBOIS. L.a.s., Commune affranchie 11 frimaire II, sur la situation à Marseille (1 p. in-4).
Jean-Lambert TALLIEN. L.a.s. à Jérôme Roi de Westphalie, Paris 19 août 1807 (1 p. in-8). • Thérésa de Cabarrus, Mme TALLIEN. L.a.s. « Th. De Cabarrus », 5 floréal, à Colard, pour son divorce (1 p. in-8, adr.). • Paul BARRAS. L.a.s., Rome 15 juin 1814, demandant qu’on lève les mesures d’expulsion prises contre lui pour qu’il puisse rentrer en France, et protestant de l’honnêteté de sa conduite (2 p. in-fol.). • Napoléon BUONAPARTE. Pièce avec 3 lignes autogr., signée par les représentants Delmas et Barras, 14 vendémiaire IV (1 p. in-fol.) : « 6 heures du soir le 14 vend. Ordonné de faire transferer aux Feuillants toutes les pièces [d’arillerie] qui se trouvent a Paris soit achevées soit imparfaites ». • Ange PITOU. L.a.s. au baron Capelle, 7 juin 1824, « affaire secrette » à propos de son action pour « travailler l’opinion » à l’occasion des élections (2 p. in-fol., adr.). • Lazare CARNOT. L.a.s., Magdebourg 26 août 1817, à son ancien collègue Adet (1 p. in-8, adr.). • Gilbert de LAFAYETTE. L.a.s., [14 août 1819], à Arnaut (½ p. in-4, adr.). • François-Athanase de CHARETTE. P.a.s., 22 mars 1796 (quelques jours avant sa mort), « Certifie que Mr Delaroche m’a fait remettre une lettre de Mdme sa mere » (1 p. obl. in-8). • Lazare HOCHE. L.s. au général Taponier, Deux-Ponts 4 frimaire II. Commandant l’armée de la Moselle, il encourage le zèle révolutionnaire à défendre la Patrie et venger la Liberté, et donne des instructions (1 p. ½ in-fol.). • François Séverin MARCEAU. P.s., Rennes 19 pluviose II (1 p. obl. in-4, cachet de cire rouge).

Provenance : anciennes collections Arthur MEYER (1924, n° 129, coq gaulois au dos) ; Christian LAZARD (1967, n° 62) ; Robert GÉRARD (1996, n° 226).
 
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